Mardi 17 juin, le tribunal correctionnel de Moroni a examiné une affaire de vol peu banale. Un agent de sécurité est poursuivi pour avoir dérobé du vin, un parfum à moitié plein, un petit couteau et 350 francs comoriens dans la résidence de l’ambassadeur de France, Sylvain Riquier.
Ce mardi après-midi, parmi les quatre affaires traitées en flagrant délit, c’est celle d’un trentenaire originaire de Mbadjini, au sud de Ngazidja, qui a retenu l’attention. Ce dernier, en poste comme agent de sécurité à la résidence diplomatique de Vwadju, a reconnu les faits. Un cambriolage dont le butin paraît dérisoire mais qui pourrait lui valoir jusqu’à 12 mois de prison, dont un mois ferme.
Le mis en cause ne s’est pas introduit de force dans la résidence : il en était le gardien attitré. Selon ses déclarations à l’audience, il a profité d’un moment de somnolence de son collègue pour passer à l’acte. Le mode opératoire intrigue : il aurait grimpé dans un cocotier avant de s’introduire par une fenêtre restée ouverte. Il a ensuite dissimulé les objets volés dans un sachet, empruntant la porte principale pour sortir.
Parmi les objets dérobés : une bouteille de vin sans étiquette connue – qu’il affirme ne pas avoir consommée lui-même – un parfum entamé, un petit couteau et la somme de 350 francs comoriens. Le prévenu a déclaré que la bouteille avait été partagée avec des amis, et a nié toute habitude de consommation d’alcool.
Si le prévenu a reconnu les faits et exprimé ses remords, ses avocats ont tenté de faire valoir des irrégularités dans la procédure. L’un d’eux, Me Issa Mhoutoir, a dénoncé en ouverture d’audience une « violation des droits élémentaires » de son client, soulignant une garde à vue de dix jours, soit environ 240 heures. « Pour un simple vol, c’est énorme. Cela rend la procédure nulle », a-t-il plaidé, demandant la libération pure et simple de son client.
Mais le tribunal n’a pas été convaincu. Le juge a rejeté les arguments de la défense et ordonné le maintien en détention provisoire du prévenu jusqu’au délibéré, prévu pour ce samedi.
La décision passe mal du côté de la défense. « Notre client n’a jamais eu de démêlés avec la justice. Il a un salaire de misère – 45 000 francs – et une mère âgée à sa charge. Personne ne réclame de dommages. Ce que la justice doit aussi faire, c’est éduquer, pas seulement punir », a insisté l’un des avocats, soulignant le caractère disproportionné d’une incarcération pour un butin aussi minime.
Reste désormais à savoir si le tribunal suivra les réquisitions du parquet ou accordera une forme de clémence au prévenu, qui pourrait bien purger une peine de prison pour ce vol « d’opportunité », comme l’a qualifié l’un de ses défenseurs.

