Société

Tradition et modernité : Le point de vue d’Elkabir Ben Ousseini sur les mariages comoriens

Dans la société comorienne, le mariage reste un moment central de la vie sociale. Le grand mariage, connu sous le nom de Anda na Mila, représente une consécration sociale et culturelle, tandis que le mariage normal, ou Mdhoihirisho, constitue l’étape initiale permettant aux couples de fonder leur foyer légalement et moralement. Ces deux formes de mariage ont été conçues comme complémentaires, chacune jouant un rôle précis dans l’équilibre social.

Selon Elkabir Ben Ousseini, enseignant et observateur des pratiques culturelles, les réalités économiques et sociales du XXIᵉ siècle imposent de repenser ces cérémonies. Les jeunes couples font face à de nombreux défis : chômage, emplois précaires, coût élevé du logement, frais de scolarité et difficultés d’accès au crédit. Organiser un Mdhoihirisho ou un Anda na Mila selon les standards anciens devient souvent un fardeau, entraînant retards, instabilité ou endettement.

Elkabir Ben Ousseini souligne que même le Mdhoihirisho, initialement simple et accessible, tend aujourd’hui à reproduire les excès du grand mariage, avec des dépenses élevées et des exigences sociales qui peuvent exclure les plus modestes. Pour lui, la réforme de ces cérémonies est urgente. Adapter le Anda na Mila et le Mdhoihirisho ne signifie pas les banaliser, mais les rendre compatibles avec la vie contemporaine : limiter le nombre de jours de célébration, fixer des plafonds de dépenses, privilégier les rites essentiels et encourager des formats sobres mais symboliquement forts.

La diaspora comorienne illustre également ce besoin d’adaptation. Selon Elkabir Ben Ousseini, beaucoup de Comoriens vivant à l’étranger sont contraints par le temps et les moyens financiers. Des cérémonies plus courtes et flexibles permettraient de maintenir le lien culturel sans exclure ceux qui contribuent au développement national.

L’enseignant estime également que ces réformes pourraient renforcer la solidarité communautaire. Les ressources mobilisées pour les cérémonies pourraient être partiellement orientées vers des fonds d’entraide pour le logement, l’éducation, la santé ou l’entrepreneuriat des jeunes couples, faisant du mariage un levier de cohésion sociale et de développement durable.

Elkabir Ben Ousseini rappelle que honorer les traditions ne signifie pas reproduire à l’identique les pratiques ancestrales, mais prolonger leur vision dans un monde en mutation. Anda na Mila et Mdhoihirisho doivent rester des symboles de dignité, d’unité et de responsabilité, capables de répondre aux réalités économiques, sociales et culturelles de notre époque.

Comores Echos24

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