La Société nationale de l’électricité (Sonelec) a franchi un cap inédit en enregistrant plus d’un milliard de francs comoriens de recettes pour le seul mois de septembre 2025, uniquement sur l’île de Ngazidja. Une performance qualifiée d’« exceptionnelle » par son directeur général, Soillahoudine Moumini, dans un entretien accordé à Al-watwan. Selon lui, ce résultat reflète une meilleure organisation interne, fondée sur la rigueur technique, commerciale et financière. L’entreprise dit avoir concentré ses efforts sur les heures de forte demande, notamment entre 18 h et 23 h, afin d’assurer une desserte plus régulière. « L’objectif est qu’aucun Comorien ne reste plus de 24 heures sans électricité », affirme le directeur général.
Sur le plan commercial, la Sonelec indique avoir renforcé la présence de ses équipes sur le terrain pour améliorer la facturation, le recouvrement et la distribution des factures. Côté finances, un système de traçabilité strict des transactions a été instauré, avec un suivi quotidien des recettes et un contrôle renforcé des dépôts bancaires. Interrogé sur les critiques liées aux nouveaux compteurs STS, accusés d’accroître la consommation, Soillahoudine Moumini a rejeté ces accusations, affirmant que la mise en service de ces compteurs avait au contraire entraîné une baisse des recettes d’environ 20 millions de francs. Selon lui, le système prépayé a simplement permis une meilleure transparence et une prise de conscience du coût réel de l’électricité.
Le patron de la Sonelec reconnaît toutefois que des défis techniques importants subsistent. Il cite notamment la fragilité du réseau électrique et les incidents récents liés à l’ajout de batteries à la centrale de Washili, qui ont provoqué une hausse de 80 % des déclenchements. D’autres pannes, comme des transformateurs endommagés ou des lignes cassées, continuent de perturber la distribution. Pour l’ingénieur, le réseau reste le principal chantier à consolider, car il attire peu d’investissements du fait de sa faible rentabilité directe. L’amélioration des recettes permet néanmoins d’envisager des travaux ciblés, tels que la rénovation du tronçon entre Itsambuni et Mde, estimée à 12 millions de francs comoriens.
Enfin, Soillahoudine Moumini a appelé à la responsabilité citoyenne, rappelant que la fraude ou le vol d’électricité fragilise le système dans son ensemble. « Chaque franc perdu par la Sonelec doit être compensé par l’État, au détriment de secteurs essentiels comme l’éducation ou la santé », a-t-il souligné. Il a salué l’engagement du personnel et exprimé son espoir de voir les progrès réalisés à Ngazidja s’étendre aux autres îles, notamment à Ndzuani, où la société intervient actuellement sur le groupe G19. L’objectif, selon lui, est clair : consolider les acquis, améliorer la qualité du service et assurer un développement harmonieux de la fourniture électrique sur tout le territoire comorien.

