Malgré un niveau d’endettement jugé préoccupant par le Fonds monétaire international (FMI), le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, assure que la dette publique du pays reste soutenable et qu’aucune restructuration n’est envisagée. Une position ferme, réaffirmée alors que le Sénégal fait face à de lourdes contraintes budgétaires.
Selon les estimations du FMI, la dette publique sénégalaise atteignait 132 % du produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année 2024, après la mise au jour de passifs non déclarés sous l’ancienne administration. Une situation qui pèse fortement sur les finances publiques : en 2026, près d’un cinquième des recettes de l’État devrait être consacré au seul paiement des intérêts de la dette.
Devant l’Assemblée nationale, le 28 novembre 2025, le chef du gouvernement a reconnu l’ampleur des difficultés financières héritées du passé, évoquant une situation budgétaire « presque catastrophique ». Pour autant, il estime que le pays dispose des marges nécessaires pour honorer ses engagements sans recourir à une restructuration de sa dette, contrairement aux recommandations formulées par le FMI lors de sa mission de novembre dernier.
Ousmane Sonko met en avant les efforts engagés par l’exécutif, notamment un programme de rationalisation des dépenses publiques et une amélioration de la mobilisation des recettes. Selon lui, les analyses menées par les autorités sénégalaises démontrent que la dette est viable et que le pays parvient à la servir régulièrement depuis plus d’un an.
Le Premier ministre a également tenu à souligner que cette position n’est pas seulement celle de son gouvernement, mais qu’elle reflète la volonté du président de la République. Un message adressé sans détour aux partenaires financiers, et en particulier au FMI, avec lequel les négociations pour un nouveau programme d’appui n’ont pas encore abouti.
Faute d’accord, l’institution internationale a suspendu un programme de financement d’environ 1,8 milliard de dollars, contraignant le Sénégal à se tourner davantage vers les marchés régionaux pour assurer son financement. Une situation qui suscite des inquiétudes chez certains analystes et investisseurs.
Malgré ce contexte tendu, les autorités se veulent rassurantes. Le gouvernement affirme que les perspectives de croissance et de recettes ont été examinées et validées par les partenaires techniques et financiers, y compris le FMI. Tout en reconnaissant que l’année à venir sera difficile, l’exécutif se dit confiant dans la capacité du pays à stabiliser ses finances publiques et à conclure rapidement un nouvel accord avec le Fonds afin de restaurer la confiance économique.

