Une décision administrative prise par la préfecture du Centre à Fomboni suscite une vive controverse politique et juridique aux Comores. En cause, une mesure interdisant la tenue de réunions politiques restreintes dans des domiciles privés, au nom du maintien de l’ordre public. Une décision immédiatement contestée par le Dr Abdou Djabir, qui a adressé une réponse ferme et argumentée au préfet, dénonçant ce qu’il qualifie d’acte illégal et abusif.
Dans une décision datée du 8 janvier 2026, le préfet du Centre, Kamardine Mohamed, agissant au nom du ministère de l’Intérieur, a notifié l’interdiction de toute réunion politique restreinte dans les domiciles de sa circonscription territoriale. Le document évoque des « troubles à la sécurité et à la paix publique » et charge les forces de l’ordre d’assurer l’application stricte de cette mesure.
Mais cette initiative a provoqué une riposte immédiate du Dr Abdou Djabir. Dans une lettre adressée au préfet, celui-ci accuse l’autorité administrative d’avoir pris une décision sans fondement légal clair. Il affirme notamment que l’interdiction repose sur une « assignation » décidée sans passer par un huissier de justice ni par une juridiction compétente, et sans mention explicite d’un texte de loi en vigueur autorisant une telle restriction.
S’appuyant sur la Constitution comorienne ainsi que sur la loi n°86-006/AF du 30 mai 1996, inspirée de la loi française de 1901, Dr Djabir rappelle que les libertés d’association et de réunion, y compris dans l’espace privé, sont garanties par les textes fondamentaux du pays. Selon lui, la décision préfectorale viole gravement les droits individuels et collectifs et constitue un abus de pouvoir.
Dans un ton résolu, il exige l’annulation pure et simple de la mesure, tout en prévenant que, faute de retrait, il saisira les autorités hiérarchiques compétentes et portera l’affaire devant le tribunal administratif. Il va plus loin encore, annonçant son intention d’alerter la communauté internationale sur ce qu’il considère comme une atteinte caractérisée aux libertés publiques aux Comores.

