Le président du RIDJA-PACTEF, Me Saïd Larifou, a marqué sa rentrée politique par une déclaration, sur ses différentes plateformes de réseaux sociaux, dans laquelle il dénonce la gouvernance du colonel Azali Assoumani, qu’il accuse de dérive autoritaire, de mépris envers la diaspora et de mettre en péril l’avenir du pays.
Dans son allocution, l’avocat et opposant explique être resté silencieux ces dernières semaines pour se consacrer à l’écoute des Comoriens, en France, en Afrique et dans l’océan Indien. « Partout, j’ai rencontré de vrais compatriotes, attachés à l’avenir du pays mais critiques envers tous les dirigeants, passés et présents. Leur constat est accablant : la classe politique n’a tiré aucune leçon de 50 années d’échecs, de démissions et de trahisons », a-t-il déclaré.
Selon Me Larifou, le président Azali Assoumani se consacre davantage aux voyages et aux cérémonies qu’aux préoccupations du peuple. Il l’accuse de préparer une succession dynastique en faveur de son fils et de sacrifier les intérêts nationaux à travers des décisions opaques et clientélistes. Il cite en exemple la concession de l’aéroport de Moroni à une société étrangère, « sans appel d’offres ni transparence », qui a entraîné le licenciement abusif de près de 500 agents.
Le président du RIDJA-PACTEF dénonce aussi l’augmentation brutale des frais universitaires, passés de 5 000 à 25 000 francs comoriens, une décision qui « prive la jeunesse de l’accès au savoir et installe l’exclusion sociale ». « Quand on ferme les portes de l’éducation, on condamne un peuple à la criminalité et on ouvre celles de la prison », a-t-il averti. Il rappelle également que les enseignants et fonctionnaires, « piliers de la République », attendent des mois leurs salaires, ce qui constitue « une trahison envers la nation ».
Plus grave encore, Me Larifou évoque l’implication présumée de hauts gradés de la gendarmerie et de l’armée dans des réseaux de trafic de drogue, faisant des Comores une « plaque tournante régionale ». Il dénonce aussi des accusations de scandales sexuels visant des responsables publics et déplore « le silence complice du régime », préférant protéger ses hommes plutôt que d’ouvrir une enquête transparente. « L’État comorien est devenu un État mafieux, dirigé par une mafia », a-t-il lancé.
Me Larifou reproche également au chef de l’État son manque de considération pour la diaspora comorienne, pourtant pilier économique du pays. « Azali est le seul président comorien qui, en France, n’a jamais souhaité rencontrer ses compatriotes. Pire, il les a méprisés en les réduisant à des nettoyeurs de toilettes », a-t-il dénoncé. Pour l’opposant, la politique d’Azali vise à appauvrir le peuple, réduire l’accès à l’éducation, banaliser la drogue et fabriquer « des générations dépendantes et sans avenir ».
« Voilà comment fonctionnent les dictatures », a-t-il martelé, estimant que le pays est aujourd’hui pris au piège d’une gouvernance répressive et corruptrice. Face à cette situation, Me Larifou affirme que son parti, le RIDJA-PACTEF, « passe à l’offensive ». Après avoir multiplié les alliances en Afrique de l’Est et australe, il annonce le renforcement de l’implantation du mouvement sur le territoire national :
« Nous avons commencé à structurer nos bases dans les villes, villages et régions. L’objectif est clair : redonner espoir, organiser la résistance démocratique et préparer l’alternance », a-t-il fait savoir. Il a conclu son discours par un appel solennel à l’unité nationale. « Refusons collectivement que les Comoriens deviennent ce radeau de la Méduse dérivant sans cap ni espoir. Unissons-nous, exigeons des comptes, défendons nos étudiants, nos salariés, nos familles. L’heure de la résistance a sonné », a-t-il lancé.

