Malgré les efforts déployés ces dernières années, le paludisme connaît une flambée inquiétante aux Comores, notamment à Ngazidja. En 2024, 55 277 cas ont été recensés, dont plus de 98 % sur cette île. Ce chiffre dépasse à lui seul le total cumulé des cas enregistrés entre 2018 et 2020.
Les autorités sanitaires, qui visaient l’élimination totale du paludisme d’ici fin 2024, se heurtent à une réalité plus complexe. Des spécialistes s’interrogent sur la faisabilité d’un tel objectif en si peu de temps, pointant du doigt une campagne de sensibilisation inefficace et une réponse insuffisante à l’ampleur de la crise.
Dans les hôpitaux, la pression monte. À El-Maarouf, près de huit cas sont traités chaque jour, dont plusieurs graves. À Fumbuni, on compte plus de 390 cas pour le seul mois de mai, avec un taux élevé d’hospitalisations. Le manque d’usage des moustiquaires, la précarité de l’hygiène et les conditions climatiques sont évoqués comme facteurs aggravants.
Le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) affirme maintenir son objectif de zéro cas, misant sur la poursuite des pulvérisations et la diversification des stratégies. Toutefois, certains médecins appellent à un changement de cap : amélioration de l’environnement, meilleure accessibilité aux soins, traitement rapide et reprise de la chimioprophylaxie sur toute l’île.
