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Présidentielle en Ouganda : Un réseau panafricain alerte sur les risques d’une crise majeure

À quelques jours de l’élection présidentielle du 15 janvier 2026, l’Ouganda est plongé dans un climat politique explosif. Face à la montée des violences, à la répression de l’opposition et aux atteintes répétées aux libertés fondamentales, le Pan-African Progressive Leaders Solidarity Network (PAPLSN) a lancé, le 9 janvier 2026, un appel solennel à l’unité et à la vigilance démocratique.

À moins de dix jours d’un scrutin décisif, la situation politique en Ouganda suscite une inquiétude croissante à l’échelle continentale. Dans un communiqué au ton alarmant, le Réseau panafricain des leaders politiques progressistes estime que le pays se trouve « au bord de la rupture », dénonçant un processus électoral marqué par la répression, l’intimidation et la restriction systématique des libertés civiles.

Selon le PAPLSN, la campagne électorale se déroule dans un environnement de plus en plus hostile à toute forme de contestation. Le principal opposant au président sortant Yoweri Museveni, Hon. Robert Kyagulanyi, dit Bobi Wine, ferait l’objet de violences répétées imputées aux forces de sécurité et aux autorités du régime.

Ses rassemblements politiques sont régulièrement interdits ou violemment dispersés. Ses partisans, quant à eux, subiraient arrestations arbitraires, agressions physiques, disparitions forcées et même des exécutions extrajudiciaires, selon les informations relayées par le réseau panafricain.

La presse libre figure également parmi les principales victimes de cette dérive autoritaire. Des journalistes ont été agressés dans l’exercice de leur métier, leurs équipements saisis ou détruits, dans un contexte que le PAPLSN qualifie de musellement délibéré de l’espace médiatique.

Dans le même temps, plusieurs candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter aux élections, renforçant les soupçons d’un processus électoral verrouillé au profit du National Resistance Movement (NRM), le parti au pouvoir. Arrestations, enlèvements et poursuites judiciaires à caractère politique seraient devenus des moyens courants pour neutraliser les voix dissidentes.

Le réseau cite des cas jugés particulièrement préoccupants, à l’image de Sam Mugumya, écrivain, poète et militant politique, enlevé peu après son retour d’exil. Alors qu’il venait d’annoncer sa candidature aux élections législatives dans la circonscription de Rukungiri Municipality, il a disparu sans laisser de trace. Plus de six mois après les faits, son sort demeure inconnu.

Autre cas dénoncé : celui de Sam Makhoha, membre du People’s Front for Freedom et candidat aux législatives dans la circonscription de Busia, interpellé à l’aéroport international d’Entebbe alors qu’il se rendait à une rencontre de l’East African Law Society.

Le PAPLSN dénonce également la politisation de l’appareil judiciaire ougandais, accusé d’être utilisé comme un instrument de répression. L’arrestation de la célèbre avocate des droits humains Dr Sarah Bireete, connue pour ses critiques sur les irrégularités électorales, est citée comme un exemple révélateur.

Par ailleurs, Dr Kizza Besigye et Obeid Lutale sont toujours détenus depuis plus d’un an dans le cadre d’un procès pour trahison qui n’a toujours pas véritablement débuté, faute de preuves crédibles, renforçant les accusations d’une justice à deux vitesses.

Pour le réseau panafricain, la crise politique en Ouganda ne constitue pas un enjeu strictement national. Elle représente une menace sérieuse pour la stabilité de toute la région des Grands Lacs. Le PAPLSN appelle ainsi à tirer les leçons des crises récentes sur le continent africain, soulignant qu’« il vaut mieux prévenir l’irréparable que réparer l’irréversible ».

Au-delà des constats, le PAPLSN exhorte l’Union africaine, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, à agir de manière responsable et proactive pour garantir la paix, la justice électorale et le respect des principes démocratiques.

« Nous sommes appelés à nous unir pour l’Ouganda, pour l’Afrique de l’Est, pour l’Afrique et pour l’humanité », souligne le communiqué.

Le Pan-African Progressive Leaders Solidarity Network regroupe plusieurs figures politiques et sociales influentes du continent, parmi lesquelles Hon. Martha Karua (Kenya), Hon. Agathon Rwasa (Burundi), Hon. John Mnyika (Tanzanie), Hon. Wafula Oguttu (Ouganda), Hon. Dorothy Semu (Tanzanie) et Maître Saïd Larifou (Comores), président du parti RIDJA-PACTEF.

Pour le réseau, la stabilité de l’Ouganda constitue un enjeu stratégique majeur, conditionnant la paix régionale, la consolidation démocratique et la prospérité partagée. À l’approche d’un scrutin décisif, le message est sans équivoque : protéger les libertés, défendre la démocratie et agir avant qu’il ne soit trop tard.

Comores Echos24

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