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Ouganda : Internet suspendu à la veille des élections générales

À deux jours du double scrutin présidentiel et législatif prévu le jeudi 15 janvier, l’Ouganda s’est retrouvé totalement privé d’accès à Internet. La coupure, intervenue mardi en fin de journée, survient dans un climat politique tendu où le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quatre décennies, brigue un septième mandat face à son principal rival, le chanteur et député Bobi Wine.

La Commission ougandaise des communications a ordonné aux fournisseurs d’accès de bloquer le réseau, invoquant la nécessité de limiter la désinformation en ligne, les risques de fraude électorale et les appels à la violence. Dans le même temps, la vente de nouvelles cartes SIM a été suspendue et les services de roaming international interrompus. Cette mesure contraste avec les assurances répétées du gouvernement qui affirmait que la connexion ne serait pas perturbée pendant le vote.

La coupure est intervenue quelques heures après le dernier rassemblement de campagne de Yoweri Museveni à Kampala. Plusieurs journalistes étrangers, pourtant accrédités, ont été empêchés d’y assister. L’épisode rappelle la présidentielle de 2021, lorsque le pays avait été plongé dans un black-out numérique de plus de cinq jours.

Parallèlement, plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse ont été suspendues par les autorités, accusées de menacer la sécurité nationale. Dans les grandes villes, un déploiement massif de forces de sécurité a été observé. L’armée justifie cette présence par la crainte de violences, tandis que l’opposition y voit une stratégie d’intimidation.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains avait récemment exhorté Kampala à garantir un scrutin serein et inclusif. Mais pour Nompulo Simanje, représentante de l’Institut international de la presse, la coupure d’Internet illustre une volonté de censure : « En privant les citoyens, les journalistes et les militants de moyens de communication, les autorités empêchent le monde extérieur de suivre le déroulement des élections. Cela mine la transparence et la crédibilité du processus électoral. »

Elle souligne que ce blocage limite la capacité des observateurs indépendants à documenter d’éventuelles irrégularités et entrave la couverture médiatique.

Alors que les Ougandais s’apprêtent à voter, le pays se retrouve isolé du reste du monde. Les inquiétudes grandissent quant à la liberté et à la fiabilité du processus électoral, dans un contexte où les voix critiques sont muselées et où la presse internationale rencontre de sérieux obstacles.

Comores Echos24

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