Le gouvernorat de Ndzuani a organisé, mardi, une réunion avec les responsables du secteur de la santé, alors que plusieurs navires en provenance de Mayotte et de Madagascar ont accosté au port de Mutsamudu. Depuis l’annonce de cas de Mpox à Madagascar, trois bateaux venus de ce pays voisin ont débarqué sur l’île, ravivant les inquiétudes dans un contexte marqué par une forte mobilité maritime.
Parmi les navires recensés, le MV/Crete transportait 15 passagers et 11 membres d’équipage. L’Acadie a débarqué 299 voyageurs, dont 96 en transit vers Moroni, accompagnés de 16 membres d’équipage. Quant au Kea Fatima, il comptait plus de 300 passagers, mais seuls 59 étaient destinés à Ndzuani.
Le gouverneur, Dr Zaidou Youssouf, a insisté sur la nécessité d’anticiper et de coordonner la riposte sanitaire. « Après la Covid-19 et le choléra, le Mpox frappe à nos portes. Nous devons parler d’une seule voix pour éviter rumeurs et stigmatisation », a-t-il déclaré, rappelant la vulnérabilité particulière de l’île en raison de son port stratégique et des flux migratoires clandestins.
La responsable de la surveillance épidémiologique, Outiati Ahmed, a détaillé les dispositions prises : transmission des listes de passagers aux agents de santé communautaire, suivi pendant la période d’incubation pouvant atteindre 20 jours, visites sanitaires et désinfection des navires, fiches de renseignements et certificats médicaux remis aux voyageurs. Elle a averti contre l’automédication, qui pourrait aggraver les cas suspects.
La dermatologue Zahara Salim a rappelé que le Mpox peut se manifester par fièvre, douleurs musculaires et céphalées, suivies de lésions cutanées parfois confondues avec d’autres maladies dermatologiques. Elle a souligné que la maladie, généralement non mortelle si elle est diagnostiquée rapidement, peut toutefois être grave chez les personnes vulnérables : immunodéprimés, personnes âgées souffrant de pathologies chroniques, patients vivant avec le VIH ou un diabète compliqué. Dans certains cas, elle peut atteindre les yeux, les reins, la sphère ORL ou même le cerveau.
Concernant la prévention, la spécialiste a précisé que des vaccins existent mais restent réservés aux personnes à haut risque, notamment les contacts proches des cas confirmés. Contrairement à la Covid-19 ou au choléra, la vaccination n’est pas généralisée.

