Dans un contexte politique et institutionnel particulièrement tendu, Me Saïd Larifou, président du RIDJA-PACTEF, a lancé un appel solennel aux forces vives de la Nation comorienne. Dans une déclaration rendue publique le 25 janvier 2026, l’opposant politique met en garde contre un tournant géopolitique majeur susceptible de fragiliser la souveraineté nationale et la stabilité de l’océan Indien.
S’exprimant depuis l’étranger, Me Saïd Larifou affirme que cet exil n’est pas un choix personnel, mais la conséquence directe de la répression politique. Il indique avoir été, à deux reprises, victime de violences visant à le réduire au silence sur le territoire national, une situation qu’il présente comme symptomatique de la dérive autoritaire du régime en place et de la restriction continue des libertés démocratiques.
Au-delà des crises internes marquées par la pauvreté persistante, les injustices sociales et les tensions politiques, l’opposant attire l’attention sur ce qu’il considère comme une menace plus grave encore : l’implication croissante des grandes puissances militaires dans l’archipel. Selon lui, la présence successive de forces françaises, puis l’arrivée de contingents russes et américains, traduisent un repositionnement stratégique des Comores dans l’océan Indien, au détriment des intérêts fondamentaux du peuple comorien.
Me Saïd Larifou estime que cet intérêt géostratégique soudain ne répond pas aux priorités de développement du pays, mais s’inscrit dans une logique de rivalités internationales. Il met en garde contre le risque de voir les Comores réduites au rôle de simple terrain d’influence, voire de confrontation indirecte entre puissances étrangères, dans un contexte mondial de plus en plus instable.
Tout en rejetant toute lecture isolationniste, le président du RIDJA-PACTEF précise qu’il n’est pas opposé à la coopération internationale. Il plaide cependant pour des partenariats transparents, équilibrés et conformes à l’intérêt supérieur de la Nation. Il dénonce avec vigueur l’opacité entourant d’éventuels accords militaires conclus sans débat public ni information préalable des citoyens, alors que les préoccupations majeures de la population demeurent la lutte contre la pauvreté, les inégalités sociales et la répression politique.
L’opposant politique évoque également le danger d’une instrumentalisation de la situation sécuritaire par un pouvoir fragilisé, susceptible d’utiliser la menace extérieure pour détourner l’attention des crises internes et consolider sa position. Pour lui, céder le territoire national à des intérêts militaires étrangers tout en maintenant un climat de peur et de répression constitue une atteinte grave à la souveraineté et à la dignité nationale.
S’adressant directement aux acteurs politiques, à la société civile, aux intellectuels et aux citoyens engagés restés au pays, Me Saïd Larifou les appelle à dépasser la peur et le silence. Il les exhorte à s’unir pour exiger des explications claires et publiques sur la nature des accords militaires conclus avec les puissances étrangères, notamment la Russie, les États-Unis et la France, et à réclamer un débat national sur ces engagements.
Il invite par ailleurs les forces vives à entreprendre une démarche collective visant à obtenir une audience auprès du président Azali Assoumani, afin que la transparence soit faite sur les choix stratégiques engageant l’avenir du pays. Me Saïd Larifou affirme que la défense de la souveraineté nationale est indissociable du combat pour la démocratie.
Selon lui, aucun État ne peut garantir une paix durable et une stabilité réelle dans un contexte marqué par l’opacité, la répression et la dépendance stratégique. Il appelle enfin à l’unité, à la lucidité et à la responsabilité collective, rappelant que l’avenir des Comores appartient avant tout au peuple comorien.

