Face à la multiplication des prises de parole publiques et aux réactions virulentes sur les réseaux sociaux visant des avocats à Madagascar, l’Ordre des avocats est sorti de sa réserve. Dans un communiqué, son président, Ferdinand Ranary Rakotoarisoa, a mis en garde contre des dérives jugées préoccupantes pour l’État de droit.
L’Ordre a fermement condamné toute initiative consistant à exposer un avocat à la vindicte populaire, à porter atteinte à son honneur ou à l’assimiler à l’issue d’un procès. « Attaquer un avocat pour l’exercice loyal de son mandat constitue une atteinte grave aux droits de la défense et aux fondements de l’État de droit », souligne le communiqué.
Rappelant les principes fondamentaux de la justice, l’instance professionnelle insiste sur le rôle central de l’avocat, acteur clé du système judiciaire, qui exerce en toute indépendance et dans le strict respect de la loi et de la déontologie. À ce titre, précise l’Ordre, un avocat ne saurait être confondu ni avec un juge ni avec une décision rendue par une juridiction.
Dans un contexte marqué par une forte exposition médiatique des affaires judiciaires, l’Ordre des avocats appelle à la retenue, à la responsabilité et au respect du rôle de chacun. Il prévient par ailleurs qu’il se réserve le droit d’engager toute action jugée nécessaire afin de protéger ses membres et de préserver l’indépendance de la profession.
Cette prise de position intervient alors que les débats publics autour de certaines procédures judiciaires gagnent en intensité, posant la question des limites entre liberté d’expression, critique légitime et respect des principes fondamentaux de la justice.

