La saison des pluies à Madagascar a déjà provoqué de lourdes conséquences dans la capitale. Depuis début janvier, onze personnes ont perdu la vie et plus d’un millier d’habitants se retrouvent sinistrés. Les fortes précipitations ont saturé les canaux d’évacuation, empêchant les eaux de rejoindre les rivières Ikopa et Mamba, et transformant plusieurs quartiers en véritables bassins.
À Besarety, au cœur d’Antananarivo, les habitants s’adaptent tant bien que mal : charrettes à bras et services improvisés permettent aux piétons et motards de traverser les rues inondées contre quelques centaines d’ariary. Mais pour les résidents, ces scènes sont devenues une triste routine, chaque pluie violente entraînant des débordements massifs et des conditions de vie de plus en plus difficiles.
Selon l’experte en hydraulique urbaine Tahiana Andriamanantena, certaines zones de la capitale sont prévues pour servir de bassins tampons capables de stocker jusqu’à 15 millions de mètres cubes d’eau. Or, ces espaces sont grignotés par des constructions illégales, réduisant leur capacité et aggravant les risques d’inondation. Elle plaide pour une sécurisation stricte de ces zones et un développement urbain mieux orienté vers des espaces constructibles.
Le problème ne se limite pas aux occupations illégales. Les réseaux de drainage, souvent hérités de l’époque coloniale, sont vieillissants et insuffisamment entretenus. À cela s’ajoute le comportement incivique de certains habitants qui jettent leurs déchets dans les canaux, provoquant des obstructions et accentuant les débordements.
Le nouveau gouvernement n’a pas encore annoncé de mesures fermes pour faire respecter les plans d’urbanisme ou sanctionner les constructions illicites. En attendant, les habitants d’Antananarivo continuent de subir les conséquences de ces inondations récurrentes, dans un contexte où chaque saison des pluies ramène son lot de drames humains et de difficultés sociales.

