La crise politique en Guinée-Bissau connaît un nouvel épisode avec la libération, ce jeudi soir, de plusieurs figures majeures de l’opposition. Fernando Dias da Costa, président élu de la République à l’issue de la dernière élection présidentielle, Domingos Simões Pereira, président du principal parti d’opposition, ainsi que leurs collaborateurs et militants, ont recouvré la liberté.
Dans un communiqué rendu public depuis Dakar, le Collectif d’avocats de Domingos Simões Pereira et de Fernando Dias da Costa a confirmé cette libération et pris acte de l’événement. Fernando Dias da Costa, qualifié dans le document de « président élu de la République de Guinée-Bissau » et « victime du coup d’État militaire », s’était jusqu’ici réfugié à l’Ambassade de la République fédérale du Nigéria à Bissau.
Les avocats estiment que cette décision constitue « un signal positif, que nous accueillons avec prudence et sens des responsabilités ». Ils soulignent toutefois que cette évolution, bien qu’importante, ne saurait être interprétée comme un dénouement définitif de la crise. « Elle marque une étape importante, sans pour autant permettre de parler, à ce stade, d’une victoire définitive », préviennent-ils.
Le Collectif affirme rester pleinement mobilisé face à une situation encore fragile. Il indique demeurer « attentif à l’évolution de la situation, dans l’espoir que cette mesure soit suivie, dans les prochaines semaines, d’avancées concrètes en faveur de l’État de droit, du dialogue politique inclusif et du respect effectif des libertés fondamentales en Guinée-Bissau ».
Par ailleurs, les avocats saluent l’implication des partenaires extérieurs du pays. Ils reconnaissent « l’attention soutenue portée à cette situation par les partenaires régionaux et internationaux de la Guinée-Bissau » et les encouragent à poursuivre leurs efforts « en vue d’un retour durable à l’ordre constitutionnel, à la stabilité institutionnelle et à la paix civile », tout en insistant sur le respect de la souveraineté nationale.
Le collectif lance, par ailleurs, un appel solennel à l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels du pays à « privilégier l’apaisement, la légalité constitutionnelle et l’intérêt supérieur du peuple bissau-guinéen ».

