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Les Kwassa-Kwassa : un péril mortel entre Anjouan et Mayotte

Les Kwassa-Kwassa continuent de faire des victimes dans nos eaux. La semaine dernière, un nouveau drame a survenu en mer. Deux kwassa-kwassa ont disparu au large d’Anjouan. Les secours ont été alertés par des riverains des plages d’Hamchako et de Sapampoini, sur lesquelles ils venaient de découvrir plusieurs corps sans vie. Selon les premières informations recueillies par les sapeurs-pompiers, les deux embarcations avaient quitté Chiroroni pour rallier Mayotte, mardi. Un nouveau drame qui interpelle sur le danger que représente ces petites embarcations de fortune.

Le kwassa kwassa, modeste embarcation de pêche détournée pour des traversées clandestines, est devenu le symbole tragique des drames humains entre Anjouan (Comores) et Mayotte (France). Chaque année, des centaines de migrants risquent leur vie sur ces bateaux de fortune dans l’espoir de trouver une vie meilleure sur le territoire français, souvent au prix de leur vie.

La distance entre Anjouan et Mayotte est d’environ 70 kilomètres, mais la traversée se fait sur des kwassa kwassa surchargés, dépourvus d’équipements de sécurité et pilotés de nuit pour éviter les radars des gardes-côtes. Les mauvaises conditions météorologiques, les pannes fréquentes et le manque de visibilité font de cette traversée une véritable roulette russe.

Selon diverses ONG et les autorités locales, des centaines de personnes trouvent la mort chaque année dans ces eaux entre les deux îles. Le nombre exact de victimes reste inconnu, car nombre de naufrages passent inaperçus. Les rescapés parlent de corps rejetés par la mer, d’enfants disparus et de familles brisées.

La situation économique et politique précaire aux Comores pousse de nombreux jeunes à fuir vers Mayotte, considérée comme une terre d’opportunités. Mais l’écart de niveau de vie et de statut entre Mayotte, département français, et le reste de l’archipel accentue les flux migratoires, malgré le danger.

Face à l’ampleur du phénomène, la réponse des autorités françaises a été essentiellement sécuritaire : renforcement de la présence maritime, reconduites à la frontière, et démantèlement des réseaux de passeurs. Mais ces mesures ne traitent pas les causes profondes de la migration, et le kwassa kwassa continue de tuer.

Il est urgent d’ouvrir un véritable dialogue régional entre la France, l’Union des Comores et les organisations internationales pour trouver des solutions durables, tant sur le plan économique qu’humain. L’amélioration des conditions de vie à Anjouan, l’accès légal à la migration, et la sensibilisation des populations aux dangers réels de la traversée sont autant de pistes à explorer.

Le kwassa kwassa n’est pas seulement un bateau : c’est un cercueil flottant pour des hommes, des femmes et des enfants désespérés. Il est temps d’agir pour que cette route de la mort cesse d’être la seule option pour espérer un avenir.

La rédaction

aliou

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