La présidence de l’Union des Comores a publié hier un communiqué exprimant son “étonnement et sa vive préoccupation” concernant des informations faisant état d’un accord présumé entre Son Altesse l’Aga Khan et le président français Emmanuel Macron. Cet accord viserait à faire intervenir certaines structures étrangères dans des actions présentées comme humanitaires ou de développement à Mayotte.
Dans ce communiqué officiel, les autorités comoriennes rappellent fermement que “Mayotte est une île comorienne” et que “son statut ne saurait faire l’objet d’aucun arrangement bilatéral ou multilatéral sans consultation ni consentement des autorités comoriennes légitimes”.
L’Union des Comores considère que toute tentative de légitimation indirecte de l’occupation française à travers des actions de coopération constitue “une violation flagrante du droit international et des résolutions pertinentes de l’Organisation des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes”.
Le gouvernement comorien dénonce également “l’instrumentalisation d’organisations confessionnelles ou d’initiatives prétendument philanthropiques à des fins géopolitiques sur le sol comorien”, qu’il qualifie d'”ingérence inacceptable” portant atteinte à la souveraineté, à la cohésion nationale et à l’unité du peuple comorien.
L’archipel des Comores, qui comprend Grande Comores, Anjouan, Mohéli et Mayotte, avait accédé à l’indépendance en 1975, mais la France avait maintenu son contrôle sur Mayotte suite à un référendum local, une situation que l’ONU et l’Union africaine n’ont jamais reconnue.
Dans un ton particulièrement ferme, le communiqué souligne que “Mayotte n’est pas un terrain d’expérimentation ni un laboratoire d’influence étrangère. C’est une terre comorienne, et elle le restera”.
Les autorités comoriennes appellent la communauté internationale à “respecter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes” et réaffirment leur “volonté inébranlable de poursuivre par les voies diplomatiques, juridiques et politiques la restitution de l’île de Mayotte dans le giron de la République”.
Le communiqué insiste sur le fait que “le peuple comorien, uni et solidaire, ne se laissera pas diviser par des considérations confessionnelles, géopolitiques ou économiques”.
Ce communiqué s’inscrit dans la continuité de la position historique de l’Union des Comores qui considère Mayotte comme faisant partie intégrante de son territoire national, malgré son administration de facto par la France depuis 1975.



