Le statut du travail domestique, longtemps laissé en marge du droit social comorien, pourrait connaître une transformation profonde grâce à l’initiative du député Daouidar Aboubacar. L’élu de Bambao Mtsanga a présenté devant l’Assemblée de l’Union un projet de loi d’envergure visant à combler un vide juridique qui fragilisait jusqu’ici un secteur pourtant essentiel au fonctionnement de nombreux foyers.
Jusqu’alors, gardiens, chauffeurs, aides familiales ou personnels d’entretien évoluaient dans un cadre informel, soumis à des accords privés souvent arbitraires. En l’absence de normes claires, ces travailleurs se retrouvaient exposés à une précarité persistante, sans garanties solides quant à leurs droits ou leurs conditions de travail.
Le texte proposé par Daouidar Aboubacar ambitionne de changer cette réalité. Il prévoit notamment la formalisation obligatoire d’un contrat de travail signé, légalisé et enregistré auprès de l’inspection du travail, définissant précisément les obligations de l’employeur et celles du salarié. Une étape déterminante pour structurer un secteur longtemps livré aux arrangements individuels.
La proposition encadre également la durée du travail, désormais limitée à 48 heures hebdomadaires, avec un repos continu de vingt-quatre heures. Elle ouvre droit à un congé annuel payé, à des absences autorisées pour événements familiaux, et accorde une heure quotidienne de repos aux mères allaitantes, en plus des pauses ordinaires.
L’un des volets centraux du projet s’attaque aux abus et aux traitements dégradants. Aucun employé de maison ne pourra être astreint à des tâches portant atteinte à sa dignité. Les sanctions prévues sont lourdes : jusqu’à 750 000 francs comoriens d’amende, avec des peines renforcées en cas de récidive. Les cas de violence, d’exploitation ou d’emploi de mineurs resteront soumis aux lois existantes relatives à la traite humaine et aux violences faites aux femmes.
Le rôle de l’inspection du travail est renforcé. Elle devra enregistrer les plaintes, mener des médiations et, si nécessaire, transmettre les dossiers aux autorités compétentes. Une manière de garantir que ces nouvelles règles ne restent pas théoriques.
Pour Daouidar Aboubacar, cette réforme représente un progrès décisif en matière de justice sociale. En offrant enfin une protection juridique claire à des milliers de travailleurs indispensables à la vie domestique comorienne, le député entend redonner dignité et reconnaissance à une profession trop longtemps ignorée.
L’Assemblée de l’Union devra désormais se prononcer sur ce texte qui pourrait marquer un tournant historique pour les travailleurs domestiques aux Comores.

