Opinion

L’Afrique face aux pièges des blocs : Poutine menace le Nigeria à propos de l’AES (Par Daoud Halifa) 

L’histoire de l’Afrique est marquée par des douleurs profondes, nées des rivalités qui n’étaient pas les siennes.

Aujourd’hui, à l’horizon de la fin annoncée de la guerre Russo-Ukrainiene, une inquiétude majeure se dessine : Celle de voir le continent replonger dans un passé qu’il n’a jamais vraiment quitté , celui des confrontations par procuration.

Les lignes de fractures déjà visibles.

D’un côté, les pays de l’alliance des États du Sahel, clairement positionnés en faveur du boc russe ; de l’autre, des États qualifiés de《 réactionnaires》selon les narratifs dominants ,accusés de pencher vers l’occident.

Cette polarisation idéologique et géopolitique n’est pas anodine.

Elle prépare le terrain à une confrontation continentale, où chaque camp cherchera à imposer son influence sous le couvert de sécurité, de coopération ou de souveraineté retrouvée.

La mise en garde du président Poutine à l’égard du Nigeria sonne comme un avertissement lourd de sens.

Elle révèle que l’Afrique n’est pas perçue comme un partenaire égal, mais comme un espace stratégique à contrôler.

À travers ces tentions, se profile une nouvelle forme de colonisation, moins brutale en apparence , mais tout aussi contraignante dans les effets.

Une colonisation par les armes, les alliances militaires, les dettes narratifs idéologiques et les dépendances économiques .

Face à cette lutte d’influence, l’Afrique devrait pourtant faire un autre choix.

Celui de la lucidité et de la distance.

Se mêler aux rivalités entre puissances, qu’elles soient russes ou occidentales, serait un suicide stratégique et politique .

Aucun de ces blocs ne défend les intérêts Africains par altruisme.

Tous poursuivent leurs propres agendas, et l’histoire démontre que l’Afrique paie toujours le prix de ces jeux d’équilibre.

Pourtant, certains intellectuels, influenceurs, militants, les Sémi Keba, les Nathalie Yamb et leurs consorts plaident aujourd’hui avec ferveur pour une implication accrue de la Russie en Afrique.

D’autres, avec la même conviction défendent un retour assumé vers l’aile occidentale .

Dans les deux cas, la question fondamentale demeure :

Pourquoi l’Afrique cherche encore un maître , alors qu’elle prétend s’émanciper ?

Pourquoi ce besoin persistant de tutelle extérieur ?

Pourquoi cette incapacité collective à imaginer un destin autonome, fondé sur notre propre histoire, nos réalités sociales et nos priorités économiques ?

L’Afrique ne manque ni intelligence, ni de ressources, ni de créativité politique.

Ce qui lui fait défaut, c’est le courage de rompre avec la logique de l’alignement .

Être non- aligné ne veut pas dire isolé ( l’exemple de l’Algérie et la Turquie est une parfaite illustration )

Cela signifie refuser d’être instrumentalisé.

Cela implique de construire un modèle économique et politique Africain , pensé par et pour les Africains , affranchi des dogmes importés et des dépendances stratégiques .

C’est à ce prix seulement que le continent pourra devenir maître de son destin.

Choisir un camp aujourd’hui, c’est accepté de devenir un champ de bataille demain.

L’Afrique doit refuser ce rôle.

Elle a suffisamment enduré pour servir encore de terrain d’expérimentation aux ambition des autres.

Daoud Halifa

Comores Echos24

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