À l’occasion de la Journée des Martyrs organisée dimanche 7 décembre au Sénégal, le Premier ministre et figure centrale du parti PASTEF, Ousmane Sonko, a prononcé un discours dense mêlant appels à l’apaisement interne, critique du système judiciaire et signaux clairs concernant ses ambitions politiques futures. Devant plusieurs centaines de militants réunis à Dakar, Sonko a tenté de réaffirmer son leadership dans un contexte marqué par des tensions au sein de son mouvement.
Le dirigeant a d’abord reconnu l’existence de divergences en interne, un fait rare dans sa communication publique, mais a insisté pour qu’elles ne se transforment pas en fractures. Il a appelé à un retour au dialogue et à la concertation, estimant que les récents désaccords trouvent leur origine dans « un déficit de communication » plutôt que dans des conflits idéologiques profonds.
Sonko est également revenu sur les violences politiques qui ont secoué le pays entre 2021 et 2024, rappelant la volonté de son parti de privilégier les voies institutionnelles. « Nous avons les moyens de nous venger, mais nous ne prendrons jamais cette voie », a-t-il assuré, tentant de désamorcer des critiques qui l’accusent parfois de tolérer la radicalité de certains partisans. Il a affirmé que la justice suivrait son cours et qu’aucune autorité ne pourrait entraver la recherche de vérité.
L’un des passages les plus commentés de son intervention a porté sur le secteur judiciaire, auquel il a consacré de longues minutes. Le Premier ministre a décrit un système « piégé » et largement hérité des précédents régimes, plaidant pour un assainissement de la magistrature. Selon lui, certaines réformes structurelles sont indispensables, bien qu’il ait reconnu que leur mise en œuvre dépend de procédures complexes et d’organes indépendants.
Sur le plan politique, Sonko a envoyé un message direct à ses adversaires comme à ses alliés : « Personne ne peut m’empêcher d’être candidat aux prochaines élections », a-t-il déclaré, sans préciser le scrutin concerné. Cette affirmation intervient alors que son parti prévoit de relancer ses activités, avec un congrès annoncé pour avril et une tournée nationale destinée à remobiliser sa base. Le premier déplacement aura lieu à Guinguinéo, où Sonko entend marquer symboliquement le redémarrage de son appareil politique.
En conclusion, le leader de PASTEF a insisté sur la nécessité pour son mouvement de dépasser les malentendus et de maintenir une ligne de conduite disciplinée. Son discours, à la fois offensif et rassembleur, semble viser deux objectifs : consolider son autorité interne et rappeler sa place centrale dans la scène politique sénégalaise, à un moment où le pays poursuit sa transition institutionnelle.

