Lors de la cérémonie officielle de la Journée des Martyrs et des Victimes célébrée le 7 Décembre, au Grand Théâtre national de Dakar, Me Ciré Clédor Ly, au nom du Pool d’avocats de Ousmane Sonko, a livré une déclaration d’une rare intensité, en présence notamment du juriste comorien Me Saïd Larifou, invité d’honneur.
Dans une salle pleine où se mêlaient autorités étatiques, membres du gouvernement, élus, organisations de défense des droits humains et familles de victimes, l’avocat a pris la parole “au nom de la défense”, affirmant porter la voix de ceux qui luttent pour l’idéal de justice. Me Ly est revenu avec force sur les événements tragiques qui ont marqué le Sénégal ces dernières années. Selon lui, les violences politiques et les abus commis lors de la période 2021-2024 constituent une page sombre et indélébile de l’histoire.
“Souvenez-vous et ne l’oubliez jamais”, a-t-il lancé à l’assistance, dénonçant un système qui, selon lui, s’est retourné contre un peuple mobilisé “à mains nues” pour défendre la justice et la souveraineté nationale. Il a salué le courage des jeunes, des militants et des citoyens anonymes qui, malgré les risques, ont répondu à l’appel d’un homme dressé contre la corruption et les dérives du pouvoir. Pour le collectif, le peuple sénégalais “mérite respect et considération”.
Le ton est monté lorsque Me Ly a évoqué la nécessité de poursuites judiciaires à grande échelle. Il a affirmé que la lutte pour la vérité ne saurait s’arrêter aux exécutants : “Nul ne devra être épargné… Les dirigeants de pays étrangers ayant apporté aide ou assistance devront eux aussi répondre devant un Tribunal Spécial Sénégalais.”
Le collectif des avocats de Sonko demande la mise en œuvre immédiate de mesures concrètes : protection des victimes et témoins, mobilisation d’experts et d’avocats expérimentés, réforme du Code de procédure pénale et renforcement des capacités des magistrats en charge de ces dossiers.
Selon Me Ly, seule une coopération totale de l’État central, y compris des services de renseignement, permettra d’établir avec précision la chaîne de responsabilités et l’existence éventuelle d’une politique d’État dans les violations documentées. L’intervention s’est achevée sur un ton solennel et déterminé. Me Ly a averti que le Sénégal se trouve désormais face à un devoir historique : “Pas de compromis. Pas de compréhension.”
Venu prendre part à cette rencontre historique, Me Saïd Larifou, avocat et figure juridique des Comores, a salué cet événement de grande portée.
La Journée des Martyrs 2025 aura ainsi servi de tribune à une exigence claire du collectif des avocats de Sonko : que justice soit rendue sans calcul politique, sans exception et sans frontières.

