Dans une lettre ouverte adressée au président en exercice de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, Me Saïd Larifou, avocat de Fernando Dias, candidat à l’élection présidentielle du 23 novembre 2025 en Guinée-Bissau, appelle l’organisation régionale à agir de manière urgente et efficace pour rétablir l’ordre constitutionnel dans le pays.
Le texte, rendu public ce dimanche 7 décembre 2025, dénonce « l’inaction perçue » de la CEDEAO face au coup d’État survenu le 26 novembre 2025, qui a interrompu le processus électoral bissau-guinéen. Me Larifou rappelle le rôle historique de l’organisation en matière de démocratie et de gouvernance en Afrique de l’Ouest, tout en déplorant ce qu’il qualifie de « deux poids, deux mesures » qui risque de nuire à la crédibilité de l’institution.
L’avocat souligne que le putsch militaire visait à « empêcher l’annonce d’un résultat électoral défavorable au pouvoir sortant », faisant état de l’interruption du décompte des voix et de la destruction de matériel électoral.
Dans sa lettre, Me Larifou exhorte la CEDEAO à prendre des mesures concrètes, notamment : réaffirmer l’intégrité électorale en exigeant la publication immédiate des résultats provisoires de l’élection présidentielle, rétablir l’ordre constitutionnel via des sanctions ciblées et des actions coercitives contre les auteurs du coup d’État, et libérer tous les responsables politiques et civils détenus illégalement.
« L’histoire de la Guinée-Bissau est trop souvent marquée par l’instabilité militaire pour que la CEDEAO se contente d’une simple suspension formelle », écrit Me Larifou, insistant sur la nécessité de garantir le respect de la volonté populaire.

