La Banque mondiale a annoncé la suspension de ses opérations en Guinée-Bissau à la suite du coup d’État militaire survenu fin novembre 2025. L’institution a confirmé à l’agence Lusa (14 janvier 2026) qu’elle avait interrompu les décaissements et les projets en cours, tout en affirmant « suivre de près » l’évolution de la situation.
Selon une source officielle citée par Lusa, la suspension s’inscrit dans le cadre de la Politique Opérationnelle 7.30, qui définit la conduite à tenir par la Banque mondiale lorsqu’elle doit traiter avec des gouvernements considérés comme « de facto » et dépourvus de légitimité constitutionnelle.
Parmi les projets concernés figurent un programme de réponse aux urgences, des initiatives pour améliorer la connectivité, le renforcement de l’administration publique ainsi qu’un financement majeur destiné au recensement de la population, prévu pour débuter en janvier.
Cette annonce intervient alors que les autorités militaires ont adopté une nouvelle Constitution. Le texte, validé par le Conseil national de transition, confère au président de la République le rôle de « chef unique », mettant fin au régime semi-présidentiel instauré depuis trente ans. Cette révision constitutionnelle a été approuvée moins de deux mois après la prise de pouvoir des militaires le 26 novembre 2025 (source : Lusa, 14 janvier 2026).
Le président sortant Umaro Sissoco Embaló, candidat à un second mandat, a quitté le pays après le coup d’État. Fernando Dias, qui s’était proclamé vainqueur, s’est réfugié à l’ambassade du Nigeria à Bissau. Quant à Domingos Simões Pereira, leader du PAIGC, il a été arrêté après avoir soutenu Dias, à la suite d’une décision de justice ayant empêché son parti de participer au scrutin pour la première fois (source : Lusa).
Le Haut Commandement Militaire a pris le contrôle de l’État et nommé le général Horta Inta-a président de transition. La Constitution a été suspendue et l’Assemblée nationale dissoute a été remplacée par un Conseil national de transition, censé conduire une transition politique d’un an. Les militaires ont justifié leur intervention par la nécessité de déjouer un prétendu coup d’État visant à interrompre le processus électoral, marqué par la destruction de documents de la Commission nationale des élections (source : Lusa/RTP).
La Guinée-Bissau est désormais suspendue de plusieurs organisations internationales, dont la CEDEAO, la CPLP et l’Union africaine. Ces institutions exigent un retour à l’ordre démocratique et la libération des prisonniers politiques avant toute réintégration du pays.

