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Guinée-Bissau : Fernando Dias somme Chevron de suspendre tout paiement au régime putschiste

La crise politique en Guinée-Bissau franchit un nouveau palier sur le terrain judiciaire et financier. Dans une correspondance officielle datée du 5 janvier 2026, Fernando Dias da Costa, président démocratiquement élu de la République de Guinée-Bissau, a formellement mis en demeure la multinationale pétrolière américaine Chevron de suspendre tout paiement ou transaction financière avec les autorités actuellement au pouvoir à Bissau.

Adressée au siège de Chevron à Houston, au Texas, la lettre invoque une rupture grave de l’ordre constitutionnel, consécutive à un coup d’État militaire intervenu, selon son auteur, à la veille de la proclamation officielle des résultats de la dernière élection présidentielle. Fernando Dias da Costa affirme tirer sa légitimité du suffrage populaire et conteste toute capacité juridique aux autorités issues de ce qu’il qualifie de « pouvoir de fait ».

Dans ce document signé par son avocat Me Saïd Larifou, il exige la suspension immédiate du paiement prévu le 8 janvier 2026 dans le cadre du contrat liant Chevron à l’État bissau-guinéen, ainsi que l’arrêt de tout versement futur vers des comptes qu’il estime contrôlés par les auteurs du coup d’État. Selon lui, tout engagement financier au profit de ce régime serait juridiquement nul et dépourvu de valeur contraignante au regard de la Constitution du pays.

L’argumentaire développé repose également sur le contexte international. Fernando Dias da Costa rappelle que l’Organisation des Nations unies, la CEDEAO et l’Union africaine auraient unanimement condamné le putsch et rompu leurs relations institutionnelles avec les nouvelles autorités. Dans ce cadre, il estime que le maintien de flux financiers vers le régime en place exposerait Chevron à une violation des principes du droit international.

Plus grave encore, la lettre évoque explicitement un risque pénal. Tout transfert de fonds vers les autorités actuelles pourrait, selon lui, être assimilé à un détournement de deniers publics. La responsabilité pénale de Chevron et de ses dirigeants pourrait ainsi être engagée, notamment devant les juridictions américaines, sur le fondement du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), qui sanctionne la corruption et le financement d’autorités illégitimes à l’étranger.

Sur le plan judiciaire, Fernando Dias da Costa indique avoir déjà instruit son avocat, Maître Saïd Larifou, d’engager une procédure devant les tribunaux compétents aux États-Unis, en particulier au Texas. L’objectif annoncé est d’obtenir une injonction d’urgence visant à suspendre les paiements et à geler les fonds destinés à l’État bissau-guinéen jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Dans l’immédiat, Chevron est sommée de confirmer par écrit, dans un délai de 24 heures, que le paiement prévu a bien été suspendu et placé sur un compte séquestre, dans l’attente d’une résolution de la crise politique. À défaut, l’auteur de la lettre prévient que toutes les voies de droit seront utilisées pour, selon ses termes, « protéger le patrimoine du peuple bissau-guinéen ».

Comores Echos24

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