La crise politique en Guinée-Bissau prend une dimension internationale. Réunis au sein du Collectif international « Corridor pour la légalité et la démocratie en Guinée-Bissau », des avocats et juristes africains et étrangers ont lancé, depuis Dakar, un appel solennel à la défense de l’ordre constitutionnel, à la suite de l’interruption du processus électoral du 23 novembre 2025.
Dans un manifeste rendu public, le Collectif dénonce un coup d’État militaire ayant mis fin au processus électoral souverain, ainsi que des arrestations arbitraires visant des leaders politiques, des défenseurs des droits humains et des citoyens engagés. Pour les signataires, ces actes constituent une violation grave des principes démocratiques et de l’État de droit.
Les avocats rappellent que la seule source de légitimité du pouvoir réside dans la volonté du peuple bissau-guinéen, telle qu’exprimée dans les urnes et formalisée par les procès-verbaux des Commissions régionales. Ils estiment qu’aucune autorité, encore moins militaire, ne peut se substituer au suffrage universel.
Le Collectif formule trois exigences jugées immédiates et non négociables. Il réclame, en premier lieu, la reprise du processus électoral et la reconnaissance intégrale des résultats issus des commissions compétentes. En second lieu, il exige la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, détenus en raison de leurs opinions ou de leur engagement démocratique. Enfin, les signataires appellent au retour des militaires dans les casernes et au rétablissement sans délai des institutions civiles.
Au-delà de la dénonciation, le « Corridor pour la légalité et la démocratie » entend engager une stratégie juridique structurée. Celle-ci prévoit notamment la saisine des juridictions régionales et internationales, dont la Cour de justice de la CEDEAO, afin de poursuivre les auteurs de l’interruption du processus démocratique. Le Collectif annonce également la mise en place de pools d’avocats pour assurer la défense des prisonniers politiques devant les juridictions nationales et internationales, ainsi qu’un plaidoyer diplomatique auprès de l’Union africaine, de l’ONU et de leurs partenaires pour la non-reconnaissance des autorités issues du coup de force.
Pour les initiateurs de l’appel, la situation en Guinée-Bissau dépasse le cadre national. « La Guinée-Bissau ne doit pas devenir le laboratoire d’un recul démocratique durable en Afrique », préviennent-ils, soulignant qu’un affaiblissement du droit dans un pays constitue une menace pour l’ensemble du continent.
Le manifeste s’achève par un appel à la mobilisation des avocats de Dakar, Abidjan, Nairobi, Johannesburg, Paris, Bruxelles, New York et d’autres capitales, invités à rejoindre ce « corridor » de défense juridique. Le document est signé par Me Saïd Larifou, avocat à la Cour, conseil de Fernando Dias da Costa et de Domingos Simões Pereira, et daté du 20 décembre 2025 à Dakar.


Mouhammed Djicó Ould Ahmed
décembre 20, 2025C’imperatif le posecionnement de la part de la communautaité international pour la finalization et publication des resultat d’escrutain et permetre le gagnant de prendre son place au prezidence de la republique