Alors que les autorités comoriennes se félicitent du rôle moteur des transferts de la diaspora dans l’économie nationale, le RIDJA-PACTEF dénonce, dans un communiqué parvenu à la rédaction de Comores Echos24, une stratégie de «maquillage économique» et alerte sur une situation de crise profonde.
Dans une intitulée « L’illusion des 23 % : une économie comorienne sous perfusion, gangrenée par la corruption et l’arbitraire », Me Saïd Larifou, président du RIDJA-PACTEF, critique sévèrement le régime du colonel Azali Assoumani, accusé d’avoir ruiné les capacités productives du pays.
Le communiqué réagit à un article publié dans La Gazette des Comores, qui évoque les envois de la diaspora représentant 23 % du PIB comme un levier de développement. Pour le parti d’opposition, ces fonds ne sont qu’un pansement sur une économie sinistrée, incapable de produire ou d’innover, et entièrement dépendante de l’extérieur.
« Ce que le gouvernement présente comme une force est en réalité le symptôme de son échec systémique », dénonce Me Larifou.
Le texte accuse également les autorités comoriennes, à commencer par le chef de l’État et son entourage, de détournements massifs : aides post-cyclone, fonds COVID-19, prêts du FMI et autres financements internationaux auraient été, selon le RIDJA, absorbés par un système de prédation mafieux, au détriment de la population.
Autre point évoqué dans ce communiqué, la fuite des jeunes talents et le mépris affiché envers la diaspora. Malgré leur contribution financière, les Comoriens de l’étranger sont qualifiés par le pouvoir de «nettoyeurs de chiottes des Français», rappelle le RIDJA-PACTEF, qui fustige par ailleurs leur exclusion politique, notamment du droit de vote et d’éligibilité.
Le RIDJA-PACTEF appelle à de profondes réformes, en commençant par une véritable décentralisation qui donnerait aux régions une reconnaissance constitutionnelle et un rôle économique structurant. Il appelle aussi à « rompre avec cette mafia institutionnelle » et à bâtir une économie souveraine et équitable.
« Nous ne voulons plus d’un État voleur », clame le communiqué, qui avertit que « très prochainement, la jeunesse comorienne fera savoir qu’elle n’accepte plus la politique de terreur et l’économie de mendicité imposées par Azali Assoumani et son fils ».

