Politique

Djaanfari Salim Allaoui alerte : « L’incivisme est en train de détruire notre avenir commun »

Dans une tribune d’opinion publiée dans le quotidien national Al-Watwan, l’ancien ministre Djaanfari Salim Allaoui tire la sonnette d’alarme sur la montée inquiétante de l’incivisme aux Comores. Selon lui, le non-respect croissant des règles élémentaires du vivre-ensemble – que ce soit sur la route, dans les quartiers, ou dans les lieux publics – reflète une crise silencieuse mais profonde qui menace l’équilibre de notre société.

« Ce relâchement généralisé, s’il perdure, ne menace pas seulement l’ordre, mais l’équilibre même de notre quotidien », écrit-il. Pour lui, ce phénomène n’est pas d’ordre économique ou politique, mais révèle un affaiblissement progressif des repères communs et des valeurs collectives.

Dans son texte, Djaanfari Salim Allaoui déplore le comportement dangereux des automobilistes, l’abandon du mobilier urbain, les bâtiments vandalisés et les services publics laissés à l’abandon. Il regrette que de nombreux citoyens rejettent systématiquement la faute sur l’État au lieu d’assumer leur part de responsabilité. « Lorsqu’un bâtiment public tombe en ruine, on s’empresse d’en faire un argument contre l’État, comme si nous n’avions aucun rôle à jouer dans sa préservation », affirme-t-il.

Plus inquiétant encore, selon lui, c’est le glissement progressif vers une indifférence collective. « Ce qui, jadis, provoquait de l’indignation, passe aujourd’hui inaperçu », observe l’ancien ministre, qui voit là un danger pour le tissu social.

Pour enrayer ce phénomène, il plaide pour une restauration urgente de l’éthique collective, à commencer dans les familles, les écoles et les mosquées. Il insiste sur le rôle de l’éducation dans la transmission des valeurs citoyennes, et appelle à une responsabilisation individuelle et collective.

Interrogé par nos confrères, il déclare : « Il est temps que chacun comprenne que le respect des lois, le respect du bien commun et le respect de la vie sont les piliers d’un avenir viable. Le développement d’un pays ne repose pas uniquement sur les politiques publiques, mais sur l’attitude de ses citoyens. »

Enfin, il conclut avec une mise en garde :> « Si rien n’est fait, la banalisation du vandalisme, de l’insécurité et du désordre s’enracinera. Il ne restera plus qu’un pays abîmé, vidé de toute valeur, où chacun vivra pour soi, sans avenir commun. »

Msoil Said Ahmed

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