À l’approche de la Conférence Dakar 2026 sur le droit international africain, l’avocat et promoteur de l’initiative, Me Saïd Larifou, appelle à une refondation ambitieuse de l’architecture juridique du continent. Au cœur de sa proposition : la création d’une Haute Cour Africaine des Libertés et des Élections (HCAL-E), présentée comme un rempart contre l’arbitraire et les dérives électorales.
Dans une déclaration rendue publique sur ses réseaux sociaux, l’avocat estime que l’Afrique, appelée à compter près de 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050, ne peut bâtir son avenir « sur les décombres de l’arbitraire », mais doit s’appuyer sur des institutions juridiques solides et indépendantes. Selon lui, de nombreux pays du continent sont confrontés à une instrumentalisation de la justice et à des crises électorales récurrentes, affaiblissant la démocratie et la stabilité.
Me Larifou évoque plusieurs situations qu’il considère comme emblématiques d’un « dysfonctionnement systémique », citant notamment l’emprisonnement de certaines figures politiques africaines et les contentieux électoraux contestés. Il dénonce également les « coups d’État électoraux », qu’il décrit comme des processus biaisés conduisant à la confiscation de la volonté populaire.
La Conférence Dakar 2026 ambitionne ainsi de poser les bases de la HCAL-E, une institution que son promoteur veut résolument indépendante des pouvoirs exécutifs nationaux. Le mode de désignation des juges constituerait l’une des innovations majeures : ils seraient élus par des instances professionnelles et académiques, barreaux et facultés de droit notamment, et non désignés par les gouvernements.
Autre pilier du projet : l’accès direct des citoyens. Tout Africain estimant que ses libertés fondamentales ont été violées pourrait saisir la Cour, y compris par voie numérique. La juridiction aurait également vocation à intervenir en matière électorale, avec une compétence de dernier ressort pour statuer sur la sincérité des scrutins et proclamer les résultats sur la base des procès-verbaux authentifiés.
Au-delà de la création d’une nouvelle juridiction, Me Larifou insiste sur la nécessité d’assurer l’effectivité de ses décisions. Il propose d’adosser l’exécution des arrêts de la future Cour à des institutions financières régionales telles que la BCEAO, la BEAC ou la Banque africaine de développement (BAD).
Dans cette logique, un État qui refuserait d’appliquer une décision relative à la libération d’un détenu politique ou à un contentieux électoral pourrait s’exposer à des sanctions financières et diplomatiques. Pour le promoteur de la conférence, la souveraineté nationale ne devrait pas servir de prétexte à l’impunité.
Me Saïd Larifou invite juristes, universitaires, leaders d’opinion et acteurs de la société civile à s’engager dans la dynamique de Dakar 2026. Il présente la HCAL-E comme une réponse institutionnelle aux crises politiques et judiciaires qui fragilisent plusieurs États africains.
La Conférence Dakar 2026 entend ainsi ouvrir un débat continental sur la souveraineté juridique, la protection des libertés et la crédibilité des processus électoraux. Reste à savoir si cette proposition ambitieuse trouvera un écho favorable auprès des gouvernements et des organisations régionales africaines.

