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Crises dans les universités sénégalaises : Un mort annoncé, plusieurs arrestations

La journée du 9 février restera gravée dans l’histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal). Ce qui avait commencé comme une mobilisation pour réclamer le paiement des bourses étudiantes s’est transformé en tragédie. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire et originaire de Matam, a perdu la vie dans des circonstances encore incertaines. Sa disparition a plongé la communauté universitaire dans le deuil et la consternation.

Les affrontements entre étudiants et forces de l’ordre ont duré des heures. Gaz lacrymogènes, véhicules blindés et scènes de panique ont marqué la journée. Un incendie dans une résidence a contraint des jeunes à s’échapper par les fenêtres, tandis que l’infirmerie du campus, saturée, peinait à prendre en charge les nombreux blessés. Plusieurs étudiants présentent des fractures ou des traumatismes au visage. Face à la violence, beaucoup ont quitté le campus, valises à la main, pour rejoindre leurs familles.

Sur le plan judiciaire, le bilan est lourd : plus de 105 étudiants ont été arrêtés et conduits dans divers commissariats de Dakar. Les autorités les accusent de « participation à une manifestation non autorisée », « trouble à l’ordre public » et « destruction de biens publics ». Nombre d’entre eux portent des marques de sévices. Le collectif des délégués étudiants dénonce des arrestations « arbitraires » et exige la libération immédiate de leurs camarades. « Nous sommes en deuil, et au lieu de nous laisser pleurer Abdoulaye, on nous traque jusque dans nos chambres », confie un représentant syndical.

La contestation dépasse désormais la capitale sénégalaise. À Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor, les campus connaissent eux aussi des tensions, avec la fermeture des restaurants universitaires en signe de protestation. Au cœur de cette crise, une revendication simple mais vitale : le versement des bourses, dont les retards fragilisent des milliers d’étudiants.

Ce drame à l’UCAD révèle la fragilité du système universitaire sénégalais, pris entre les contraintes budgétaires de l’État et la colère d’une jeunesse qui réclame dignité, justice et respect de ses droits.

 

Comores Echos24

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