Société

Concession de l’aéroport de Hahaya : Me Saïd Larifou dénonce un « déni de souveraineté » et exige la transparence

La concession de l’aéroport international Prince Saïd Ibrahim de Hahaya (AIMPSI) continue de susciter une vive controverse. Ce jeudi, Me Saïd Larifou, président du parti RIDJA-PACTEF, a officiellement saisi les autorités comoriennes ainsi que la société émiratie Terminals Holding LLC, bénéficiaire du contrat, pour exiger une transparence totale sur les conditions de cette concession d’une durée de 30 ans.

Dans une démarche qu’il affirme mener en tant que citoyen comorien, l’avocat et homme politique dénonce une gestion qu’il qualifie d’opaque et contraire aux principes fondamentaux de souveraineté nationale. Selon lui, la signature de ce contrat sans le consentement préalable de l’Assemblée de l’Union constitue un grave manquement institutionnel.

Me Larifou pointe également les conséquences sociales de cette concession. Il évoque le licenciement de centaines de travailleurs comoriens, plongeant de nombreuses familles dans la précarité. Des licenciements qu’il juge illégaux au regard de l’article 44 du Code du travail, estimant que les droits des employés n’ont pas été respectés.

Sur le plan juridique et international, le président du RIDJA-PACTEF estime que l’Union des Comores a manqué à ses engagements. Il affirme que l’opacité entourant cette concession viole l’article 9 de la Convention des Nations Unies contre la corruption, dite Convention de Mérida, qui impose la transparence et la concurrence dans les marchés publics. Il évoque également un mépris de la Charte africaine de la démocratie, de la gouvernance et des élections.

Face à cette situation, Me Saïd Larifou annonce le dépôt imminent d’un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême, ainsi que l’interpellation des partenaires financiers internationaux des Comores. Une initiative destinée, selon lui, à faire toute la lumière sur un dossier qu’il juge stratégique pour l’avenir du pays.

« L’aéroport est la porte d’entrée de notre souveraineté. Il ne peut être géré comme un bien privé dans le secret des bureaux », a-t-il déclaré, appelant à un débat national sur la gestion des infrastructures stratégiques.

Pour le RIDJA-PACTEF, par la voix de son secrétaire général Mohamed Moindjie, cette affaire illustre la nécessité d’un contrôle démocratique accru et d’une gouvernance fondée sur la transparence, le respect du droit et la protection des intérêts du peuple comorien.

Comores Echos24

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