Le parti politique RIDJA-PACTEF est monté au créneau ce jeudi pour dénoncer ce qu’il qualifie de « graves atteintes aux libertés fondamentales » et à « l’inviolabilité du domicile » aux Comores. Dans une déclaration rendue publique à Moroni, la formation politique exprime sa profonde indignation face à la multiplication de décisions administratives jugées arbitraires, prises par certaines préfectures au nom du ministère de tutelle.
Selon le RIDJA-PACTEF, ces décisions consistent à interdire systématiquement des réunions politiques restreintes organisées dans des cadres privés et des domiciles, sans fondement légal ni justification liée à l’ordre public. Le parti estime que ces mesures portent atteinte à des principes constitutionnels essentiels.
« La liberté de réunion est un pilier de la démocratie comorienne », rappelle le RIDJA-PACTEF, soulignant que toute restriction à ce droit doit être strictement justifiée par une menace réelle et proportionnée. Le parti insiste également sur le caractère sacré de l’inviolabilité du domicile, estimant que l’interdiction de réunions politiques dans des espaces privés constitue une intrusion inacceptable de l’exécutif dans la sphère intime des citoyens.
Pour le RIDJA-PACTEF, ces pratiques traduisent une dérive autoritaire visant à museler l’expression politique, notamment à l’approche d’échéances cruciales pour la nation. « Un pouvoir qui craint la voix de ses citoyens n’est pas un pouvoir légitime », affirme le parti, dénonçant un climat d’intimidation, de répression et de confiscation de la parole politique.
La formation politique dirigée par Me Said Larifou rappelle par ailleurs que la démocratie « n’est ni un don ni une faveur », mais qu’elle se conquiert par le courage et la mobilisation citoyenne, en particulier lorsqu’elle est menacée ou confisquée.
Dans sa déclaration, le RIDJA-PACTEF exprime sa solidarité avec le Dr Abdou Djabir, leader politique originaire de Mohéli, présenté comme victime de persécutions policières et de menaces en raison de ses activités politiques.
Sur le plan juridique, le parti indique avoir officiellement saisi le ministre de l’Intérieur par un recours hiérarchique, exigeant l’annulation immédiate des directives préfectorales qu’il juge illégales. Il affirme donner ainsi à l’autorité de tutelle l’opportunité de rétablir l’ordre républicain.
À défaut d’une réaction rapide et favorable des autorités, le RIDJA-PACTEF prévient qu’il engagera sans délai une procédure de référé-liberté devant le Tribunal administratif afin de faire sanctionner ce qu’il considère comme une atteinte manifeste aux libertés publiques.

