Le gouvernement de transition de l’archipel des Chagos a officiellement saisi le Secrétaire général des Nations Unies et le Comité spécial de la décolonisation, dans le cadre de sa lutte historique pour faire reconnaître le droit à l’autodétermination de son peuple et dénoncer ce qu’il considère comme une décolonisation inachevée. Cette démarche fait suite à l’accord bilatéral récemment signé entre le Royaume-Uni et la République de Maurice, visant à déterminer le sort des Chagos sans consultation préalable des habitants. Pour les représentants chagossiens, ce traité constitue une violation du droit international.
« Le droit international ne permet pas qu’un peuple soit transféré d’une autorité coloniale à une autre par simple commodité administrative », a rappelé Maître Saïd Larifou, avocat du gouvernement de transition.
Le gouvernement de transition formule trois demandes précises : la tenue d’un référendum d’autodétermination sous supervision des Nations Unies, la reconnaissance des Chagos comme Territoire Non Autonome distinct de Maurice, et la gestion souveraine du territoire par les Chagossiens, avec le soutien éventuel d’une tierce partie neutre. Les dirigeants chagossiens rappellent que l’indépendance de Maurice en 1968 ne peut justifier l’annexion de l’archipel en 2025. « Le peuple chagossien n’est pas une marchandise diplomatique mais une nation dont les droits fondamentaux sont imprescriptibles », a insisté Dominique Soopin, présidente du gouvernement de transition.
Cette saisine place désormais les Nations Unies devant une responsabilité historique : reconnaître le droit des Chagossiens à décider de leur avenir. Si l’accord entre le Royaume-Uni et Maurice semblait initialement ouvrir la voie au retour des exilés, il est désormais critiqué pour ne pas garantir l’indépendance totale du peuple chagossien.


