Le Bénin a été secoué dimanche par une tentative de coup d’État militaire, rapidement déjouée grâce à l’intervention conjointe des forces béninoises et de leur voisin nigérian. Des frappes aériennes et l’envoi de troupes au sol ont permis de reprendre les positions occupées par les mutins.
Cette tentative intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité politique : plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont connu des coups d’État ces dernières années, notamment le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée et, plus récemment fin novembre, la Guinée-Bissau.
Selon des sources militaires, plusieurs mutins ont été arrêtés, d’autres restent en fuite, et leur leader présumé, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, est toujours en cavale. Tous les otages, dont le chef d’état-major de l’armée de terre Abou Issa et le chef d’état-major de la garde nationale Faïzou Gomina, ont été libérés.
Le président Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016 et dont le second mandat s’achèvera en avril 2026, a déclaré : « Nous avons fait front, repris les positions jusqu’à nettoyer les dernières poches de résistance des mutins ».
À Cotonou, certaines routes menant au domicile du président restent fermées et quelques chars militaires sont visibles le long du boulevard de la Marina.
La CEDEAO a annoncé le déploiement immédiat de troupes du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana pour soutenir le gouvernement béninois et « préserver l’ordre constitutionnel ». L’ONU, la France et l’Union africaine ont également condamné la tentative de coup d’État.
Si Patrice Talon est salué pour ses performances économiques, il est régulièrement critiqué pour un virage autoritaire dans un pays longtemps reconnu pour son dynamisme démocratique. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, a condamné fermement la prise de pouvoir par les armes et appelé au dialogue.

