L’avocat international et président du Ridja-Pactef, Me Saïd Larifou, tire la sonnette d’alarme sur la situation politique et judiciaire des Comores, en pointant du doigt une instrumentalisation des Assises nationales, des dérives institutionnelles inquiétantes et des affaires judiciaires hautement politisées, notamment celles de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et du dénommé Fanou.

Ancien porte-parole des Assises nationales, Me Larifou confie avoir cru à un élan sincère pour dresser un bilan collectif et amorcer un renouveau démocratique. Il déplore aujourd’hui une « confiscation du pouvoir » sous couvert de légitimation politique. « Je n’ai jamais voulu nuire. Mais ce processus a été utilisé pour légitimer une confiscation du pouvoir », a-t-il déclaré. Selon lui, son appel à surseoir à l’organisation des élections dans un climat aussi tendu est resté lettre morte auprès du président Azali Assoumani.
Affaire Sambi : une détention jugée illégale

L’avocat a aussi pris position avec force dans le dossier de l’ancien chef d’État Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, dénonçant une « détention arbitraire » et un simulacre de justice. « Il n’y a jamais eu un véritable procès dans l’affaire Sambi », a-t-il lancé, évoquant un « enlèvement politique » plutôt qu’une procédure judiciaire digne de ce nom. Selon lui, évoquer une grâce présidentielle reviendrait à légitimer un processus biaisé dès le départ.
Dossier Fanou : révélations troublantes et soupçons de manipulation

Revenant sur l’affaire Fanou, accusé d’agression dans des circonstances floues, Me Larifou affirme détenir des preuves d’un traitement médical antérieur, orchestré par Loukman Azali, fils du président. « Il disait toujours : Je vais voir mon oncle Loukman », soutient-il, laissant entendre une possible manipulation de Fanou, présenté comme malade, pour des fins politiques. Une affaire familiale qui pourrait cacher, selon l’avocat, des ramifications beaucoup plus larges.
Ces déclarations interviennent à quelques jours de la célébration du 50ᵉ anniversaire de l’indépendance, dans un contexte où de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une régression de l’État de droit. Me Saïd Larifou appelle implicitement à un sursaut citoyen face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire aux conséquences profondes pour l’avenir démocratique des Comores.

