À l’Assemblée nationale et sur Facebook : les ministres s’auto-célèbrent, les Comoriens attendent toujours les promesses de 2016
En 2016, le régime en place avait promis aux Comores un projet ambitieux : l’émergence à l’horizon 2030. Des visuels séduisants, des annonces tonitruantes, des secteurs stratégiques identifiés : énergie, télécommunications, port en eau profonde, centre de santé, infrastructures routières ect. Presque 10 ans d’attente, une question simple s’impose : où en sommes-nous concrètement ?
La réalité est impitoyable. Aucun chantier structurant n’est achevé, aucun projet phare ne voit le jour, aucune transformation tangible de l’économie nationale ne s’observe. L’émergence promise n’a été qu’un slogan politique, séduisant sur le papier, mais vide sur le terrain. Pendant ce temps, la vie chère écrase les ménages, le chômage demeure endémique, et notre économie reste fragile, dépendante et peu productive.
Plus grave encore, les ressources publiques sont dilapidées dans une diplomatie de déplacements incessants, coûteux, spectaculaires, mais sans effet réel sur le développement national. Voyager n’est pas un problème en soi ; voyager sans stratégie, sans retombées économiques, sans projets structurants, en est un. L’argent du contribuable mérite mieux que des déplacements protocolaires et des images pour médias.
Un véritable projet de développement se mesure aux routes construites, à l’électricité disponible, aux emplois créés, aux institutions consolidées. À ce stade, le projet d’émergence à l’horizon 2030 apparaît comme un échec politique et économique. Le reconnaître n’est pas un acte de haine, mais un devoir de lucidité et de responsabilité citoyenne.
Les Comores n’ont pas besoin de promesses recyclées. Elles ont besoin d’une vision claire, d’une rigueur sans compromis, d’une gouvernance responsable et d’actions concrètes, mesurables et pérennes. L’histoire jugera, mais le présent, lui, parle déjà.
Par Al Hidhr Alha

