Selon Fcbk Comores, l’Union des Comores a validé la création de Terminals Moroni Airport Management (TAM), société chargée de gérer l’aéroport international Prince Saïd Ibrahim. Cette entité est issue d’une concession de 30 ans accordée à la société émiratie Terminals Holding LLC, présentée comme un levier de modernisation mais qui soulève de nombreuses interrogations sur le long terme.
Les statuts adoptés en novembre 2024 confient à TAM l’exploitation, l’entretien et le développement des infrastructures, ainsi que la supervision des activités commerciales et de sûreté. Si l’expertise étrangère peut répondre à certains besoins techniques, la durée de la concession et le niveau de contrôle réel de l’État comorien restent sujets à débat.
La mise en place de cette nouvelle structure s’est accompagnée, en juin 2025, d’une vague de licenciements et d’indemnisations du personnel en place. Cette transition brutale, peu expliquée publiquement, alimente les inquiétudes sur la place des compétences locales dans la future gestion de l’aéroport.
Au-delà des infrastructures, l’aéroport de Moroni demeure un outil de souveraineté nationale, essentiel pour la sécurité, la connectivité régionale et le développement économique. Confier sa gestion à un opérateur étranger, même en co-gestion, sans débat public ni transparence sur les termes financiers et juridiques, fragilise la confiance des citoyens.
Plusieurs questions restent ouvertes : quels investissements sont garantis ? Quels mécanismes protègent l’État en cas de litige ? Quelle marge de décision conserveront les autorités comoriennes ?
Dans un contexte régional marqué par une compétition accrue autour des infrastructures stratégiques, cette concession ne peut être réduite à une opération technique. Elle engage l’avenir du pays et appelle à une transparence totale, un contrôle parlementaire renforcé et une information claire de l’opinion publique.

